Souvenirs d’enfance « Plus belle ma vie

Souvenirs d’enfance

Village de mon enfance

J’ai passé toute mon enfance dans un village à une quinzaine de kilomètres de Lyon. La maison familiale se situait au dessus du village et il y avait peu de voisins à l’époque (en 1953).

Ma mère travaillait et c’est ma tante qui me gardait. Comme ma mère avait peur d’être licenciée, car un enfant illégitime était mal vu dans sa profession, elle ne voulait pas que les gens sachent que j’étais sa fille. Il fallait le cacher au monde. J’ai très mal vécu cette situation et je lui en voulais beaucoup.

Je ne suis allée à l’école que vers l’âge de 13 ans, avant je travaillais par correspondance. Je n’avais pour seuls amis que mes deux cousins qui venaient le week-end et le jeudi avec leur parents, un chat (Coquin) et un chien (Sultan). Je me sentais très seule et abandonnée. Pas question de fréquenter les enfants des rares voisins. Il ne fallait pas découvrir le mystère de ma naissance :(

Tous les matin, quand j’étais petite, mon chat Coquin venait me réveiller. Il semblait me dire: allez courage, ça va passer. Et puis un jour, Coquin tomba gravement malade. Il était couché près de la maison sans bouger. Avec mes cousins, nous n’avions plus le droit de l’approcher :( . Les parents avaient peur qu’ils nous donne une maladie….. Ils l’ont laissé crevé ce pauvre chat, sans rien faire. J’en ai voulu à tout le monde là, tant j’étais triste de perdre mon ami :(

Plusieurs années après j’en ai reparlé à ma tante de Coquin. Elle m’a répondu qu’à l’époque, on ne connaissait pas le vétérinaire. Cela a du se passer vers 1956. Ca existait les vétérinaires à cette époque, mais sur le moment cela ne leur a pas apparu important : un chat malade.

Ma mère a toujours refusé que mon oncle et ma tante m’emmènent en vacances avec eux. Il fallait que je reste là, pour qu’elle puisse me voir quand elle rentrait de son travail. De ce fait, moi je n’avais pas envi de la voir et quand elle me prenait sur ses genoux, je lui donnais des coups de pieds pour qu’elle me laisse descendre. Oh la vilaine petite fille, pensez-vous sans doute ?

Pour me distraire dans mes jours de solitude, je lançais un balon contre le mur en m’inventant des histoires merveilleuses. Comme c’est beau, les rèves d’enfants :)

Parfois, ma tante m’emmenait promener dans le bois pas loin de la maison. Il me semblait immense ce bois et plein de mystères. Ca me permettait d’imaginer un tas de choses. Je devenais le chevalier sans peur partant au secour d’êtres imaginaires en péril. Bien sûr, je gagnais toujours les combats :)

Heureusement que ma mère a acheté une télévision, ça m’a distrait un peu. On me laissait regarder pas mal de choses à la télé, parfois j’en faisais des cauchemards la nuit. Mais je n’en parlais pas, trop fière pour avouer ma peur.

J’ai vécu mes 13 premières années dans cette solitude. Il m’a manqué toutes les bases sociales de la petite enfance pour pouvoir aborder correctement l’adolescence et la vie adulte. Pour moi, très longtemps le monde il était beau, le monde il était gentil. Je vous raconterais plus tard comme je suis tombée de haut en entrant dans la vraie vie :)

Et vous, avez vous des souvenirs d’enfances ?

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